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L'OFII, c'est quoi, et pourquoi on ne peut pas y couper
L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) accueille les personnes qui obtiennent un premier titre de séjour pour s'installer durablement en France. C'est lui qui organise la signature du contrat d'intégration républicaine (CIR) : un entretien, un test de français, une formation civique et, si nécessaire, des cours de langue.
Ce que la convocation ne dit pas assez clairement : ne pas respecter le CIR peut coûter cher au renouvellement suivant. Deux lectrices nous ont écrit après s'être vu refuser une carte pluriannuelle parce qu'elles avaient manqué la formation civique, qu'elles prenaient pour une formalité facultative. Elle ne l'est pas.
Les personnes qui obtiennent un premier titre de séjour en France et souhaitent s'y installer durablement : conjoints de Français, regroupement familial, salariés, réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire… Ne sont pas concernés notamment les citoyens européens, les étudiants et certains profils qualifiés (cartes « talent »), ainsi que les jeunes arrivés en France avant un certain âge et scolarisés ici. En cas de doute, la convocation vaut réponse : si vous la recevez, vous êtes concerné.
La convocation : quoi faire en la recevant
Vous recevez une convocation avec une date, une heure et l'adresse de la direction territoriale de l'OFII dont vous dépendez. La première journée regroupe en général l'accueil, une présentation collective, le test de français et l'entretien individuel. Comptez une demi-journée à une journée sur place. La formation civique a lieu ensuite, sur d'autres dates.
Prévenez tout de suite, avec les coordonnées indiquées sur la convocation, et demandez un report en expliquant pourquoi (maladie, contrainte professionnelle impérative), justificatif à l'appui. Ne faites jamais l'impasse sans prévenir : l'absence est enregistrée et vous suivra.
À apporter le jour même
- la convocation, imprimée ;
- votre passeport et votre titre de séjour (ou le visa long séjour) ;
- un justificatif de domicile récent ;
- votre attestation de Sécurité sociale si vous l'avez déjà ;
- vos diplômes et, si vous en avez, des résultats de tests de français (TCF, DELF…) ;
- de quoi manger et boire : l'attente peut être longue et il n'y a pas toujours de cafétéria.
La visite médicale
C'est souvent ce qui inquiète le plus, faute de savoir à quoi s'attendre. Voici ce que décrivent les lecteurs qui l'ont passée ces dernières années.
Elle concerne surtout les personnes arrivées avec certains visas (regroupement familial, conjoint de Français, salarié…). Elle ne sert pas à vous refuser le séjour : vous êtes déjà en règle. Elle vise à dépister certaines maladies, la tuberculose en particulier, et à faire le point sur votre santé.
Ce qui se passe en général :
- une radiographie des poumons, pour dépister la tuberculose. On vous demande d'enlever le haut ; mieux vaut le savoir avant ;
- la prise de tension, une auscultation simple ;
- un échange avec le médecin : antécédents, traitements, grossesse éventuelle ;
- pour les enfants, un point sur les vaccinations.
Ce qui n'est pas systématique : la prise de sang, le dépistage du VIH (il peut être proposé, jamais imposé).
Si vous suivez un traitement, apportez l'ordonnance. Le médecin de l'OFII est tenu au secret médical : la préfecture reçoit un certificat, pas le contenu de votre consultation. Il n'y a donc aucune raison de cacher quoi que ce soit.
L'entretien individuel
C'est un moment que beaucoup sous-estiment. Un auditeur de l'OFII fait le point avec vous pendant une vingtaine de minutes, avec une trame précise :
- votre situation : logement, emploi, enfants scolarisés, projet professionnel ;
- vos besoins : aide pour trouver un emploi, un logement, accéder aux soins ;
- votre français, en complément du test ;
- quelques questions simples sur la France, sans rien d'un examen.
Une question revient presque à chaque fois : « Y a-t-il quelque chose qui vous empêche de vous intégrer ou de travailler ? ». Elle n'est pas une politesse. Si vous rencontrez une difficulté sérieuse (logement précaire, problème de santé, violences au sein du couple), c'est le moment de le dire : l'OFII peut vous orienter vers des services et des associations adaptés.
À l'issue de l'entretien, vous signez le contrat, et l'on vous indique les formations à suivre.
Le test de français et les cours
Le test de positionnement ne donne pas de note : il mesure ce que vous savez faire à l'oral et à l'écrit pour décider si des cours vous seront utiles.
Deux cas de figure
Le niveau est jugé suffisant : pas de cours prescrits. Ce volet du CIR est réglé.
Un besoin est repéré : l'OFII vous prescrit un parcours de cours de français, plus ou moins long selon votre niveau, qui peut aller jusqu'à plusieurs centaines d'heures. Ces cours sont gratuits, assurés par des organismes conventionnés, souvent en petits groupes et en journée ou en soirée. Leur suivi assidu fait partie de vos engagements.
Certains vivent la prescription de cours comme un échec. C'est tout le contraire. Ce sont des cours gratuits, encadrés par des formateurs habitués aux adultes, et ils servent directement pour la suite : depuis 2026, la carte pluriannuelle exige un niveau A2 et la carte de résident un B1. Plusieurs lecteurs nous ont dit que ces cours avaient changé leur vie professionnelle. Gardez précieusement les attestations de présence.
La formation civique
Elle est obligatoire pour tous les signataires, quel que soit leur niveau de français. Elle se déroule sur plusieurs journées, en groupe, avec un formateur, des supports visuels et souvent un interprète dans les langues les plus parlées si nécessaire.
Liberté, égalité, fraternité, laïcité, égalité entre les femmes et les hommes ; le Président, le Gouvernement, le Parlement, la justice ; les droits et les devoirs de chacun. C'est aussi une bonne base pour l'examen civique que vous passerez plus tard pour une carte pluriannuelle, une carte de résident ou la naturalisation.
Santé, école, emploi (contrat, SMIC, droits des salariés), logement, protection sociale (Sécurité sociale, CAF, chômage), parentalité. Pour quelqu'un qui arrive sans connaître le système, c'est souvent la partie la plus utile. Des fiches sont distribuées à la fin : gardez-les.
La présence est contrôlée à chaque séance. Une absence sans justificatif rend la formation incomplète : il faut alors rattraper la séance, et la préfecture peut le relever au moment du renouvellement. Plusieurs lecteurs l'ont appris à leurs dépens pour une seule demi-journée.
Les attestations : à garder précieusement
À la signature, puis à la fin de chaque formation, vous recevez des documents qui prouvent ce que vous avez fait : le contrat signé, l'attestation de formation civique, les attestations de cours de langue. Ils vous seront demandés :
- au renouvellement de votre titre, surtout pour obtenir une carte pluriannuelle ;
- pour une carte de résident ;
- pour une demande de naturalisation, où la préfecture vérifie que le CIR a été respecté.
Pas de panique. Écrivez à la direction territoriale de l'OFII qui vous a reçu : elle conserve votre parcours et peut éditer une attestation. Faites-le bien avant votre renouvellement, la réponse peut prendre plusieurs semaines.
Ce que le CIR change pour votre prochaine carte
C'est là que beaucoup se font surprendre. Au renouvellement, la préfecture regarde si vous avez tenu vos engagements :
- Formation civique non faite : il faudra régulariser avec l'OFII, et la carte pluriannuelle peut être refusée en attendant.
- Cours de langue prescrits et non suivis : risque de refus de la carte pluriannuelle, avec seulement une carte d'un an à la place.
- CIR respecté : aucun souci, c'est la situation normale.
